Cancers du sein: la reconstruction mammaire sans prothèse (DIEP)

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IMAGERIE
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Par le Dr Marc-David Benjoar, chirurgien plasticien à l’Institut Français du Sein (Clinique de l’Alma)

La reconstruction mammaire, après une mastectomie, reste un enjeu important pour une femme. Les techniques ont profondément évolué au cours des dix dernières années. Il est ainsi apparu des techniques fiables avec peu de séquelles permettant de reconstruire un sein avec ses propres tissus de façon naturelle.

On parle de reconstruction mammaire autologue. C’est une alternative à la technique classique de reconstruction du sein par implant en silicone. Cette dernière, même si elle est simple et rapide ne donne pas des résultats stables dans le temps, surtout si la patiente a eu une radiothérapie au cours de son traitement.

Il existe principalement deux techniques autologues : le lambeau de grand dorsal suivi d’injection de graisse et le lambeau abdominal DIEP (Deep Inferior Epigastric Perforator).

Le lambeau DIEP est préférable. Il permet une reconstruction plus naturelle car il utilise la peau et la graisse et du ventre sans prendre de muscle, contrairement au lambeau de grand dorsal.

Une technique naturelle aujourd’hui bien maîtrisée

La technique DIEP est désormais très standardisée, avec un taux de complications faible. Cette opération, cependant, est longue et complexe. Elle nécessite l’intervention simultanée de deux chirurgiens seniors expérimentés et spécialisés en microchirurgie. Pendant qu’un premier chirurgien enlève la cicatrice de l’ablation du sein et prépare une artère et une veine sur le thorax de la patiente, un deuxième chirurgien prélève la peau et graisse du ventre sans muscle mais en incluant une artère et une veine. Ces dernières sont ensuite suturées sous microscope. Le sein est reconstruit naturellement et le ventre est plus mince.

L’avantage majeur du DIEP est donc qu’il permet une reconstruction naturelle sans corps étranger, sans muscle et stable dans le temps.

L’intervention dure en moyenne cinq heures, contre une heure pour la pose d’une prothèse.

Alors que la moitié des reconstructions mammaires sont autologues au Royaume-Uni, ce taux est inférieur à un cas sur cinq en France. Cette technique devrait donc peu à peu se généraliser davantage en France mais elle reste encore mal remboursée par la Sécurité sociale et des compléments d’honoraires sont souvent demandées aux patientes et un devis systématiquement communiqué avant l’opération.

Certains rare centres privés ont néanmoins décidé de promouvoir la technique DIEP, malgré ce problème financier. Ainsi, la Clinique de l’Alma a fortement collaboré avec l’Institut français du sein (IFS) pour proposer une prise en charge de pointe et accessible aux patientes souffrant d’un cancer du sein et leur permettre de se faire reconstruire avec les techniques les plus modernes.

Le cancer du sein consiste en une tumeur maligne de la glande mammaire. Il touche 10% de la population féminine. Environ 1,4 million de femmes sont diagnostiquées avec cette maladie chaque année dans le monde et 460.000 en décèdent. En France, il représente près d’un cancer sur trois.

Chaque année, plus de 11.000 femmes en décèdent, soit environ une femme toutes les heures.